zengun

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2006 03 06

forced

“You mean, if you knew me better, you’d force stuff on me like everyone else?
— It’s possible, I said. That’s how people live in the real world: forcing stuff on each other.
— You wouldn’t do that. I can tell. I’m an expert when it comes to forcing stuff and having stuff forced on you. You’re not the type. That’s why I can relax with you. Do you have any idea how many people there are in the world who like to force stuff on people and have stuff forced on them? Tons. And then they make a big fuss, like “I forced her. You forced me!” That’s what they like. But I don’t like it. I just do it because I have to.
— What kind of stuff do you force on people, or they force on you?”

Midori put an ice-cube in her mouth and sucked on it a while.

“Do you want to get to know me better? she asked.
— Yeah, kind of.”

Haruki Murakami, Norwegian Wood

2005 08 18

la possibilité d’un navet

On sut assez vite que le contrat portait sur une somme globale d’environ 1,5 million d’euros, on n’ignora bientôt plus rien ni de l’architecture de l’auberge normande où s’étaient tenues les discussions. Ni du temps qu’il faisait en ce 27 avril 2004. Un mauvais esprit parvint même à reconstituer le menu du repas d’affaires : quelques bonnes poires et un gros gâteau à partager entre Houellebecq et son agent, représentant d’une profession jusqu’alors plus familière des vestiaires de football que des cercles littéraires, et dont en l’occurrence on remarque mal l’utilité. Si ce n’est de monter les enchères et d’achever de pourrir par l’argent ce qui peut l’être encore au royaume des Lettres.

Le titre du roman ? Les choses devenaient soudain beaucoup plus floues : L’Île, La tentation d’une île… ? Quant à son contenu, on demeurait dans la plus parfaite ignorance et pour cause : aucun des protagonistes du grand marchandage n’avait encore eu connaissance du livre de Houellebecq pour l’excellente raison que celui-ci ne l’avait pas encore écrit. On entrait là, du même pas, un pas de course, un pas de course au profit pour tout dire, dans le règne du roman virtuel et dans celui du capitalisme littéraire. Il eût été dommage de s’arrêter en si bon chemin : la fidèle critique suivit le mouvement avec enthousiasme.
Eric Naulleau in Le Figaro, Silence, on vend !

Le foutage de gueule sur 6 pages des Inrockuptibles en prendra aussi pour son grade. Il est rare de se dire “personne ne me rendra ces minutes de ma vie” au sujet d’un article lu aux chiottes : grâce aux Inrocks et à Houellebecq, ça m’est arrivé la semaine dernière.